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Le Château de Naujan est une maison forte du commencement du XIVème siècle


 

Elevée à l'extrémité d'un promontoire qui s'avance dans le vallon du Gibéra, le rocher sur lequel elle est bâtie la protège du côté du Nord ; un fossé, comblé maintenant, la défendait au Sud et la séparait d'une grande cour carrée entourée de constructions remontant, pour la plupart, au XVIème siècle.

Les murs de la maison ont 1.10 m d'épaisseur ; ils enveloppent un rez-de-chaussée de deux étages, mais le second a été entièrement retouché, pour ne pas dire construit à neuf, à la fin du XVème siècle.

A la même époque on a bâti, contre la paroi orientale de cette maison, un corps-de-logis de la largeur du bâtiment principal mais moins long. 

Le rez-de-chaussée du château primitif servait de magasin ; il n'était éclairé que par de petites ouvertures oblongues. Au milieu s'élevait un pilier carré qui soutenait le plancher du premier étage.

On devait monter, du rez-de-chaussée au premier étage, par un escalier extérieur en bois. Cet étage avait deux portes, toutes deux placées au même angle et toutes deux ogivales. Un escalier en pierre construit probablement en même temps que le corps-de-logis donne un accès facile à la première porte. La seconde porte sert de fenêtre.

Le second étage était plus élevé autrefois et éclairé par des fenêtres à meneaux cruciformes.
A l'extérieur, le sommet de l'angle gauche de la façade est orné au XVIème siècle d'un grand personnage nu, d'une remarquable laideur représentant le péché originel. C'est la seule sculpture du château.

Les propriétaires du Château de Naujan de 1316 à 1698


Gaillard de Naujan, chevalier, possédait une maison dans la paroisse de Saint-Vincent de Pertignas.

Guillaume Raymond de Gensac, l'autorisa par un acte à la reconstruire et à la rendre aussi forte qu'il lui plairait, et à la livrer au seigneur de Rauzan et à ses successeurs lorsqu'ils l'exigeront, en paix ou en guerre. Ceux-ci devront lorsqu'elle sera en leur main, bien la garder et tenir, et la restituer en bon état lorsqu'ils n'en auront plus besoin.

Cette maison forte a été construite vers 1316.
Gaillard de Naujan dut mourir vers 1325 ; il avait épousé Anne de la Ferreire. Ils avaient eu un fils nommé lui aussi Gaillard.
Gaillard II de Naujan épousa Fine Yzambert en 1337 et eut un fils Jean de Naujan qui lui succéda.
Jean de Naujan était l'héritier d'un noble homme Jean de Semens. Il eut deux fils, Amanieu de Naujan et Raymond de Naujan. Nous ne savons pas si Amanieu fut seigneur de Naujan comme son père Jean.
Quand Amanieu mourut c'est son frère Raymond de Naujan qui lui succéda.

Raymond fit son testament en 1488 et mourut quelque temps après. Son fils Jean de Naujan hérita des seigneuries de Naujan et Semens.
Vers 1494, d'autres membres de la famille de Naujan prenaient la qualification de seigneurs de cette maison noble, comme François le frère de Jean II (ou Jeannot) fils de Jean de Naujan.
Jean II de Naujan avait épousé Isabeau d'Anglades, fille de noble homme. Ils eurent deux filles : Anne (ou Agnès) et Jeanne.

Après la mort d'Isabeau, Jean II de Naujan se remaria avec Marie de Lescours avec laquelle il eut une fille, Marguerite de Naujan.
Marguerite de Naujan épousa Jean (ou Jeannot) de La Combe et ils héritèrent de Jean II de Naujan de la maison noble de Naujan et de Semens. Marguerite de Naujan et Jean de la Combe eurent Anne et Lucie de La Combe.
Après la mort de Marguerite de Naujan, Jean de La Combe épousa en secondes noces Clémence de Ros avec laquelle il eut un fils, Charles de La Combe.

Jean de La Combe mourut en 1561. Lucie et Anne se marièrent toutes deux. Lucie apporta à son mari, Martin de Boirac, lors du mariage une partie de la maison noble de Naujan.
André Melson assiégea et prit le Château de Naujan en 1582.
A cette époque Anne décéda, son mari Pons de Puypeyron dit Bernard de Puypeyron épousa en secondes noces Philippe de Bellade dont il eut une fille nommée Anne.
Anne de Puypeyron épousa en 1602, après la mort de son père Bernard de Puypeyron, François de Carles et lui apporta une partie du domaine de Naujan qu'Anne de Naujan avait apporté à Bernard de Puypeyron.

C'est à cette occasion que François de Carles prit le titre de seigneur de Naujan mais il ne possédait pas la maison noble de Naujan.
Martin de Boirac qui restait seigneur de la maison noble de Naujan fit son testament en 1603 et fit de son fils Ezéchiel (l'aîné de ses sept enfants) l'héritier universel. Suivi de Daniel, François, Jean, Isabeau, Magdeleine et Suzanne.
Suzanne de Boirac, fille de Martin de Boirac et veuve d'un De Carles, avait pour neveu noble Daniel de Marsoulier auquel elle donna procuration en 1641 pour s'occuper d'un procès qu'elle poursuivait.
Plus tard, nous ne savons à quel titre, autre Daniel de Marsoulier, fils du précédent, possédait les maisons nobles de Naujan et de Boyrac. Il les donna à sa fille en la mariant en 1698 avec le noble Benjamin de Puch d'Estrac.

Le Château de Naujan et l'histoire de France


Le Château de Naujan est situé à Saint Vincent de Pertignas près de Castillon la Bataille.
La ville de Castillon la Bataille est réputée grâce à la guerre de Cent Ans.

En effet, cette guerre opposa la France et l'Angleterre de 1337 à 1453. Les liens de vassalité unissant le roi d'Angleterre au roi de France furent dès le XIIIème siècle une source de discorde.
En 1337, Edouard III donna une dimension nouvelle au conflit latent en affirmant, en tant que petit-fils de Philippe IV le Bel, ses droits à la couronne française détenue par Philippe VI de Valois depuis 1328.
Cette prise de position s'expliquait par des préoccupations économiques. L'Angleterre ayant grand intérêt à détacher les Flandres, centre du trafic lainier, de l'obédience française.

Cette guerre fut d'abord une lutte de type féodal ; la population ne se sentait pas concernée. Peu à peu, un sentiment national français s'éveilla et contribua fortement à la défaite anglaise. La guerre de Cent Ans s'acheva en date du 17 juillet 1453 à Castillon la Bataille.

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